La culture des cocktails entre dans une nouvelle phase où des heures plus matinales, des saveurs plus douces et des rituels axés sur la communauté façonnent la façon dont les consommateurs boivent, selon le Bacardi Cocktail Trends Report 2026. Le rapport suggère un changement motivé par la Génération Z, qui redéfinit où et pourquoi elle commande une boisson.
La fin d’après-midi devient l’heure de première intention pour les cocktails, les consommateurs abandonnant les traditionnels nocturnes au profit des boissons de l’après-midi. Bacardi rapporte que les jeunes buveurs se tournent vers des cocktails servis plus légers et plus doux qui conviennent à des créneaux sociaux plus matinaux, avec Sean Kerry, vice‑président des ventes mondiales sur le canal on‑trade chez Bacardi, déclarant « l’indulgence ne signifie pas l’excès, elle signifie l’intention ».
Selon l’enquête mondiale sur les consommateurs de Bacardi, les soirées plus tôt deviennent désormais routinières pour une part importante des buveurs à travers l’Espagne, l’Inde, l’Italie et l’Australie, avec des évolutions notables chez les cohortes plus jeunes en France et aux États‑Unis.
Le rapport cite également le nouvel horaire moyen de réservation au Royaume‑Uni, soit 18 h 12, selon les données de Zonal.
Les bars répondent avec sérieux. Le Blinker Bar de Manchester propose un menu de portions plus petites de mini‑cocktails, tandis que Birds of Paradise à Boston organise des collaborations mini Martini mensuelles. Ces formats répondent à la plainte la plus fréquente des consommateurs : des boissons pas assez froides, soulignées par des parts importantes dans des pays tels que le Mexique, l’Espagne, la France et l’Allemagne.
À l’échelle mondiale, les saveurs fruitées et sucrées dominent les préférences des consommateurs, les saveurs fruitées étant classées n° 1 en Inde, en Allemagne et au Royaume‑Uni et les saveurs sucrées en tête au Mexique et aux États‑Unis.
Les cocktails d’inspiration dessert tels que la Piña Colada font leur retour, leur service étant classé comme la troisième boisson la plus demandée dans les bars à l’échelle mondiale pour 2026.
Des bars de Mexico à Paris adoptent ces profils indulgents via des spritzs à la litchi ou des twists Ramos à base de yaourt qui mêlent malice et raffinement.
Le monde réel
Bacardi signale une poussée renouvelée en faveur de rassemblements intentionnels, alors que 85 % des consommateurs souhaitent passer plus de temps avec les personnes qui comptent pour eux.
Rigoberto Chavez, vice‑président des insights mondiaux chez Bacardi, déclare qu’il s’agit « moins d’être vu que de se sentir vu » alors que les buveurs recherchent des espaces qui favorisent la présence et le sens.
Selon le rapport, la génération Z se tourne vers les festivals plutôt que les clubs, près de la moitié en Espagne et environ 40 % au Royaume‑Uni et en Australie prévoyant d’assister à plus de festivals en 2026.
Les bars s’adaptent en tissant la culture dans leurs soirées en semaine grâce au tarot, au bingo et au karaoké, comme on le voit au Bar Mordecai de Toronto.
Des troisièmes lieux tels que les cafés et les centres communautaires dépassent désormais les lieux traditionnels en générant 19 % de volume mensuel de boissons en plus, selon les données citées de CGA par NIQ.
Les soirées Mahjong, les clubs de lecture et le coffee clubbing deviennent des ancrages sociaux, Eventbrite signalant une augmentation de 150 % de la fréquentation et une augmentation de 1 800 % à Houston.
Brise-glaces
La portabilité des RTD les rend des compagnons essentiels pour les festivals et les fêtes à domicile. Le lancement en 2025 du RTD Bacardi & Coca Cola de Bacardi a positionné la catégorie comme une option décontractée pour des rassemblements informels, environ deux cinquièmes des adultes britanniques âgés de 18 à 29 ans prévoient de boire davantage de RTD au cours de l’année qui vient.
Par ailleurs, des expériences nostalgiques telles que le Breezer relancé à Londres et à Manchester montrent comment des serves simples peuvent ancrer des pop-ups culturelles plus larges.
Valeur de la provenance
Les consommateurs exigent désormais une plus grande transparence : plus de 8 sur 10 des consommateurs américains lisent les étiquettes avant l’achat et 77 % privilégient la région d’origine.
Bacardi ajoute des codes QR sur les étiquettes dans l’UE pour donner accès aux informations nutritionnelles, sur les ingrédients et au recyclage.
Les bars se transforment en laboratoires de saveurs locales. Le Sangai Bar de Tokyo explore « Terroir x Terrior » à travers les spiritueux japonais et des ingrédients mondiaux, tandis que Handshake Speakeasy à Mexico City réinvente l’agrumes en utilisant de l’acide citrique pour limiter l’usage de fruits.
Au Bang Bang Bar de Teeling à Dublin, le miel provenant des ruches sur le toit et les herbes d’un jardin sur place donnent forme aux serves.
Le Native Bar de Singapour consacre un étage entier à la fermentation avec des ingrédients exprimés sous plusieurs formes.
Des ingrédients qui travaillent davantage
Les bars extraient davantage de chaque composant grâce au superjus, à la fermentation et à des techniques parallèles. Selon l’enquête mondiale des ambassadeurs de marque Bacardi, les fruits locaux à la région d’un établissement deviennent un domaine d’intérêt croissant.
Adrian Biggs, directeur du plaidoyer pour Bacardi en Amérique du Nord, affirme que cette approche crée des « expériences plus riches et responsables » qui respectent le goût et la planète.
Le Lyaness de Londres repousse les limites avec des cocktails tels que le Multi Milk qui unit vodka, whisky et divers produits laitiers en une seule boisson.
Cocktails comme style de vie
Les consommateurs choisissent désormais des marques qui expriment une identité. Bacardi cite des recherches montrant que 70 % des consommateurs émotionnellement engagés investissent deux fois plus dans les marques auxquelles ils se sentent connectés.
Natasha Curtin, vice‑présidente mondiale chez Bombay Sapphire, déclare que « le premium aujourd’hui va au‑delà du prix ; il s’agit de prestige culturel et de connexion émotionnelle ».
Les pop‑ups Hôtel Grey Goose et les bougies marquées par Satan’s Whiskers illustrent comment les bars étendent leur influence au‑delà de leurs quatre murs. La résidence de Dante au Claridge’s place les cocktails comme des échanges culturels plutôt que de simples boissons.
Les menus deviennent des objets narratifs avec trois consommateurs sur cinq les consultant en ligne avant de se rendre dans un établissement.
Le menu Rubik’s Cube du Bijou Drinkery Room ou le DéjàVu au style magazine de LPM Dubai montrent comment le design devient un facteur décisionnel.
Plus, c’est plus
Bacardi signale une résurgence de l’opulence à haute énergie avec le London‑based Ambassadors Clubhouse servant des cocktails en format bouteille dans des intérieurs décrits comme « luxueusement anti‑minimalistes ».
Des lieux uniques stimulent les publications sur les réseaux sociaux avec 40 % des consommateurs espagnols photographiant des cocktails lorsque le cadre est extraordinaire.
La culture de la célébration évolue aussi. Les cocktails ont dépassé le Champagne pour les grands moments en Allemagne et en Espagne, les spiritueux menant au Mexique, aux États‑Unis et au Royaume‑Uni.
Plus de huit professionnels de bars dans le monde déclarent passer à des spiritueux premium, la tequila enregistrant la plus forte croissance.
L’exemple le plus extravagant vient de Nahaté à Dubaï qui a vendu un cocktail à 41 160 USD élaboré avec un mélange Patron sur mesure et servi dans un verre Baccarat de 1937.
Au Shinji’s à New York, un Gin Fizz refroidi à l’azote incarne l’opulence expérientielle et des serves exubérants séduisent fortement les jeunes consommateurs au Royaume‑Uni, en Espagne et aux Pays‑Bas.
Évasion sensorielle
Selon VML Intelligence, 71 % des consommateurs estiment que le monde est devenu surréaliste, ce qui stimule une demande de goûts audacieux et inattendus.
Environ 40 % affirment qu’une saveur riche définit un moment de boisson impressionnant et plus d’un cinquième recherchent des profils intenses.
Les exemples vont du cocktail Monaco du Wynn Las Vegas, terminé par un parfum comestible des rivages et une poussière électrique, au Green Mango Martini de Superbueno à New York.
Des bars tels que SIPS à Barcelone et Sip & Guzzle à New York continuent d’élargir les limites à travers le théâtre comestible.
Martin Raymond du The Future Laboratory ajoute : « le cocktail évolue du produit à la performance ».