Un différend commercial déclenché par les tarifs américains a laissé la plupart des provinces canadiennes avec des entrepôts remplis de spiritueux américains retirés des rayons. Faute de signe de réconciliation, les gouvernements s’activent pour décider de ce qu’il faut faire des stocks achetés aux frais des contribuables.
À la suite du différend commercial avec les États-Unis et de l’imposition par le président Trump de tarifs punitifs sur les produits canadiens, le Canada s’est retrouvé avec des entrepôts pleins d’alcool américain retiré des rayons de détail du pays en représailles.
Seules deux provinces canadiennes – l’Alberta et la Saskatchewan – continuent de vendre de l’alcool américain et, comme la plupart des autres provinces qui gèrent des monopoles d’État sur la vente d’alcool, elles se retrouvent confrontées à un casse-tête de plusieurs millions de dollars concernant des stocks achetés initialement aux frais des contribuables.
L’industrie des spiritueux des États-Unis avertit d’un effondrement des exportations
Chris Swonger, président et chef de la direction du Distilled Spirits Council of the United States (DISCUS), a déclaré à la BBC que le boycott du Canada était « très préoccupant ».
Les exportations vers le Canada ont chuté de 85 % depuis que Trump a agi au printemps.
L’industrie fait pression sur la Maison-Blanche pour que, selon Swonger, « nos produits puissent retourner rapidement sur les rayons des détaillants canadiens », mais il n’y a guère de signe de réconciliation de part et d’autre.
Les pourparlers ont été interrompus par Trump en octobre après que l’Ontario a diffusé des publicités anti-tarifs sur des réseaux américains.
Seules deux provinces continuent de vendre de l’alcool américain
Seules les deux provinces canadiennes qui ne gèrent pas de monopole étatique sur l’alcool – l’Alberta et la Saskatchewan – continuent à vendre des boissons alcoolisées américaines.
Les autres provinces se retrouvent avec le casse-tête de plusieurs millions de dollars sur ce qu’il faut faire des stocks achetés initialement aux frais des contribuables.
Peuvent-elles récupérer une partie de leurs dépenses sur les stocks américains et libérer de l’espace dans les entrepôts pour des produits alternatifs ?
L’Ontario, par exemple, serait en possession de 80 M$ canadiens (57,7 M$ US ; 43,3 M£) d’alcool américain qu’il a retiré de la vente publique et n’a pas encore décidé quoi en faire.
La Colombie-Britannique, selon des informations, refuse de vendre au grand public mais procède à l’écoulement en vendant à des établissements de l’hôtellerie et de la restauration.
Le Manitoba et la Nouvelle-Écosse indiquent qu’ils vendront leurs stocks restants d’une valeur d’environ 17,4 millions de dollars canadiens et reverseront les recettes à des œuvres caritatives locales.
Ontario choisit de maintenir l’inventaire
Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Tim Houston, a déclaré que les stocks restants sont en cours de vente afin de ne pas gaspiller les produits. Il a ajouté que la province ne prévoyait pas de réapprovisionner.
Le Manitoba a également annoncé qu’il vendrait ses stocks américains au profit d’œuvres caritatives.
Le ministre des Finances de l’Ontario, Peter Bethlenfalvy, a déclaré que la province n’avait pas l’intention de vendre son stock d’alcool américain, ajoutant que moins de C$2m de valeur seraient bientôt périmés.
L’implication est que la province la plus peuplée du Canada continuera à conserver ces bouteilles jusqu’à ce que la guerre tarifaire soit résolue.