Le Royaume-Uni va-t-il voir davantage de soju coréen ?

16 décembre 2025

La Corée du Sud et le Royaume‑Uni se trouvent dans les dernières étapes de la signature d’un accord de libre‑échange (ALE) amélioré qui renforcerait les liens commerciaux. Alors, qu’est-ce que cela pourrait signifier pour les boissons alcoolisées des deux pays ? Eloise Feilden enquête.

Le Royaume‑Uni a mené à bien des négociations avec la République de Corée pour moderniser l’accord de libre‑échange existant entre les deux pays. Le nouvel accord, qui doit encore être formellement signé par les ministres, s’appuie sur l’accord existant qui avait été maintenu lorsque le Royaume‑Uni a quitté l’Union européenne en 2021.

Dans un résumé de l’accord publié lundi 15 décembre, le ministère chargé des entreprises et du commerce a déclaré que le Royaume‑Uni avait « assuré l’avenir de sa relation commerciale avec un partenaire stratégique important dans la région Asie‑Pacifique ».

Le Royaume‑Uni détient la 6e économie mondiale en PIB nominal en 2025, tandis que la République de Corée se classe 12e. Le marché d’importations de la République devrait croître de 26 % d’ici 2035, porté par une classe moyenne émergente, offrant une opportunité significative pour les exportateurs britanniques de biens et de services de s’ouvrir à l’une des économies les plus dynamiques et tournées vers l’avenir d’Asie.

L’ALE garantit que les 2 milliards de livres sterling d’exportations de biens britanniques exposées à des droits supplémentaires peuvent continuer à bénéficier de tarifs réduits.

Diageo, le géant britannique des boissons, faisait partie des entreprises qui ont accueilli favorablement l’ALE renforcée, la décrivant comme une mesure cruciale pour protéger les exportations de biens britanniques.

Nik Jhangiani, chef de direction par intérim de Diageo, a déclaré à propos de l’accord : « Je félicite Sir Chris Bryant et son homologue sud‑coréen Jung‑Kwan Kim pour l’obtention d’un nouvel accord commercial entre le Royaume‑Uni et la République de Corée. Cet accord soutiendra la croissance des exportations de Guinness, mise en boîte à Runcorn, et aidera à satisfaire la demande croissante des consommateurs sud‑coréens pour la stout numéro un au monde. »

Dans le cadre de l’accord, le Royaume‑Uni a obtenu un accord pour initier davantage de protections des indications géographiques (IG) issues des quatre nations du Royaume‑Uni. Les IG concernent les aliments, boissons ou produits agricoles qui entretiennent des liens avec une zone ou région spécifique, ou qui sont élaborés selon des méthodes traditionnelles.

Si elles sont reconnues dans le pays de vente, les produits portant une IG bénéficient d’une protection accrue. Le statut IG en Corée du Sud garantit que le patrimoine et la qualité des produits issus de tout le Royaume‑Uni sont protégés et reconnus dans ce pays.

En conséquence, l’accord commercial pourrait stimuler les boissons produites sur le sol britannique, y compris le vin anglais et le whisky écossais.

L’industrie du whisky écossais a connu l’un de ses plus importants coups de pouce commerciaux en 2011 lorsqu’un accord a été signé entre l’UE (dont le Royaume‑Uni était membre à l’époque) et la République de Corée. L’accord, salué comme une « étape majeure » à l’époque, était une première pour la Scotch Whisky Association (SWA) avec un pays asiatique. Les avantages comprenaient la suppression progressive de la taxe d’importation sur les spiritueux de 20 % et la protection juridique du nom de Scotch whisky.

Un ALE renforcé entre le Royaume‑Uni et la République de Corée pourrait voir une nouvelle impulsion pour l’industrie du Scotch à partir de 2025.

Il en va de même pour le vin anglais. Les exportations de vin produit en Grande‑Bretagne ont augmenté de 35 % en 2024, bien que partant d’une base faible, ne représentant que 9 % des ventes totales.

Nicola Bates, directrice générale de WineGB, a commenté l’accord : « Le secteur viticole britannique connaît une croissance rapide, passant de 4 % à 9 % en cinq ans, avec des volumes d’exportation en hausse de 35 % en 2024. Toutes les mesures visant à ouvrir les marchés sont donc les bienvenues, y compris ce nouvel accord de libre‑échange entre le Royaume‑Uni et la République de Corée. Cet accord marque une étape importante dans l’approfondissement de nos liens commerciaux avec l’un des marchés les plus dynamiques d’Asie. L’inclusion de dispositions dédiées pour promouvoir des procédures douanières fluides aidera à lever les obstacles et à créer une voie plus efficace pour que nos vins atteignent les consommateurs coréens. À mesure que nous approfondissons nos liens avec les marchés d’exportation d’Asie de l’Est, cet ALE offre un coup de pouce opportun à notre croissance à long terme et à nos efforts de diversification.

Quant aux produits coréens, le soju, l’alcool national du pays, pourrait bénéficier d’un renforcement des liens avec le Royaume‑Uni.

La marque coréenne de soju Jinro est la plus vendue au monde dans la catégorie des spiritueux. La société mère HiteJinro a focalisé ses efforts sur le Royaume‑Uni depuis 2022 et a déclaré en mai qu’elle continuerait d’investir au Royaume‑Uni après avoir enregistré un taux de croissance annuel composé (TCAC) de 73 % au Royaume‑Uni sur les trois années allant jusqu’en juillet 2024.

Le géant des boissons se concentrera sur l’augmentation des références en rayon grand public et sur le maintien d’activités collaboratives dans le cadre du canal de vente sur place. HiteJinro a obtenu des rayons dans les grandes surfaces britanniques Sainsbury’s, Costco, Morrisons et Tesco.

Une relation plus forte entre le pays d’origine du soju et le Royaume‑Uni pourrait voir le spiritueux poursuivre sa trajectoire ascendante à l’exportation.

Maëlys Perron

Maëlys Perron

Je suis Maëlys Perron, rédactrice passionnée par les vins engagés et les histoires qui se cachent derrière chaque bouteille. J’aime rencontrer les producteurs, explorer les terroirs et comprendre ce qui rend un vin vraiment vivant. À travers mes articles, je veux partager des découvertes sincères et donner envie de déguster autrement.