31 décembre 2025

Le dixième jour de Noël, un ensemble mixte pour célébrer le (premier) siècle des Lurton au Château Brane-Cantenac est susceptible de réchauffer les cœurs, écrit db’s correspondant bordelais, Colin Hay.

Les vins : Un ensemble mixte pour célébrer le (premier) siècle de la famille Lurton au Château Brane-Cantenac, célébré en septembre par une fabuleuse dégustation verticale sur le domaine.

Le format : Un coffret mixte de six bouteilles, vraisemblablement un coffret en bois d’origine du Château lui‑même, contenant une bouteille de chacune des millésimes Brane-Cantenac suivants (mes préférés de la dégustation) : 2001, 2005, 2009, 2016, 2020 et 2022.

Argument de vente unique : Sans aucun doute, il s’agissait de la dégustation la plus mémorable de mon année. Elle était animée par l’incomparable Henri Lurton et sa formidable équipe, notamment Christophe Capdeville qui est arrivé au Brane-Cantenac deux ans avant Henri lui‑même, et Marie-Hélène Faurie qui est certainement aussi là chez Brane aussi longtemps que je connais la propriété. La dégustation nous a offert, à tous ceux qui ont eu la chance d’être invités, une perspective exclusive et unique sur ce deuxième cru de Margaux, universellement aimé. Le coffret, tout simplement, contient mes coups de cœur personnels de cette dégustation – les vins qui se sont le plus brillamment illustrés ce jour-là.

Pour vous : Je ne vais pas réduire cela à une question de prix, bien que chacun de ces vins ne soit pas extrêmement difficile à trouver et aucun d’eux ne cassera la banque. Mais je préfère garder celui-ci dans le domaine du rêve. Bien que je serais tout aussi ravi que vous de trouver un tel coffret près de mes chaussettes de Noël le matin de Noël, il n’est pas nécessaire de nous leurrer!

Dégustation :

Château Brane-Cantenac 2001 (Margaux; 35% Cabernet Sauvignon; 55% Merlot; 11% Cabernet Franc; rendement final 35,2 hl/ha; pH 3,87; 13% d’alcool). Une composition inhabituelle pour Brane, avec 11% de Cabernet Franc et relativement peu de Cabernet Sauvignon. C’est un vin fascinant. Plus ouvert et expressif que lors de la dégustation précédente mais très certainement une vedette, alors et maintenant. Tout y est. En effet, c’est l’un des vins les plus complexes et les plus nuancés de l’ensemble de la dégustation. Doux et envoûtant, avec des tannins magnifiquement sveltes mais une concentration impressionnante (la fameuse poigne de fer dans le gant de velours). Des pétales de rose sont très présents, ainsi que de la pivoine et de l’hibiscus. Il y a aussi une note florale de miel et, avec elle, une pointe de cire d’abeille. Une feuille de menthe fraîche. Vin assez intellectuel, avec une densité impressionnante qui est un peu dissimulée au départ par le velours de ses tannins. Avec tout ce Cabernet Franc et 55% Merlot aussi, en 2001 Brane est le Pomerol de Margaux. Au même niveau que le 2000. Gracieux, élégant, séduisant et magnifiquement svelte en bouche. 95.

Château Brane-Cantenac 2005 (Margaux; 51% Cabernet Sauvignon; 43% Merlot; 6% Cabernet Franc; rendement final 38,5 hl/ha; 13% d’alcool). Un autre vin véritablement merveilleux. Très classique et très médocain avec un bel éclat graphite et le cédré inflectant et enrobant les fruits noirs. Très dans le style du 2009. Doux en tonalité et exhalant une maturité parfaite – solaire mais sans excès. Accessible. Pur, concentré et pourtant riche et avec des tannins glorieux et sveltes. Pas tout à fait la concentration en milieu de bouche du 2009, mais vraiment excellent. Pour une fois, on remarque une proportion plus élevée de Merlot dans l’assemblage – Brane est tellement un vin de son terroir que l’encépagement (qui varie fortement selon les millésimes) semble souvent insignifiant. Très joli, très floral, et pourtant cela porte aussi une note rare de saveur, presque carnée – côte de boeuf poêlée! Et cette minéralité saline que l’on retrouve dans tant de millésimes iconiques de Brane. Truffé et fumé sur la longue finale. Si indulgent, tout à fait comme il le faut. 95.

Château Brane-Cantenac 2009 (Margaux; 53% Cabernet Sauvignon; 40% Merlot; 7% Cabernet Franc; rendement final 48,4 hl/ha; pH 3,72; 13,5% d’alcool). Presque l’antithèse de 2010. Ouvert, vraiment flatteur et séduisant – déjà en pleine voix. Intensément floral, à la fois glorieux et exubérant. Exotique à sa manière, mais avec cette impression désormais en partie maîtrisée par le graphite et le cèdre très classiques. Gourmand. Exubérant. Énergique. Flamboyant. Généreux. Et remarquablement complexe aussi. Possède une belle acidité. Svelte et limpide dans le verre, avec ces notes de lavande séchée de Brane. Bruyère. Encens. Mocha. Sans conteste l’un des temps forts de la dégustation et du millésime. Digne de sa réputation, il chante à chaque dégustation. La dernière fois que j’ai goûté ces deux millésimes, je préférais le 2010; aujourd’hui le 2009 l’emporte d’un cheveu. 97.

Château Brane-Cantenac 2016 (Margaux; 70% Cabernet Sauvignon; 27% Merlot; 2% Cabernet Franc; 1% Carmenère; rendement final 52,5 hl/ha; pH 3,57; 13,5% d’alcool). « Golden Brane … texture like sun ». Cela a légèrement changé de personnalité depuis ma dernière dégustation, devenant plus noisetté et peut-être un peu plus expressif et expansif; c’est aussi plus bulbeux dans sa floraison – bouton de pivoine et fleur ensemble, avec une pointe d’iris. Tout simplement glorieux et, pour moi, certainement l’un des vins de la dégustation. À l’époque de son élaboration, c’était le meilleur vin que j’avais goûté chez Brane. Un nez éthéré de perfection médocaine. Frais, calme, posé et d’une élégance totale. Assez sérieux, voire sombre et un peu retenu et introspectif, avec encore bien plus à venir. Mais en bouche, nous avons déjà une sublime nappe de fruits profonds et riches. Les tannins sont imperceptibles, donnant l’impression d’une profondeur froide. Profond. Élégant. Un peu Pichon Comtesse de Lalande en bouche (ce n’est pas la première fois que j’y pense). Puis viennent de délicieuses notes de cèdre et de graphite. Magnifiquement roulissant et ondulant sur la finale fruitée et sève. C’est comme si le fruit était déposé goutte à goutte sur le palais. Bravissime Brane ! 98.

Château Brane Cantenac 2020 (Margaux; 70% Cabernet Sauvignon; 26% Merlot; 2% Cabernet Franc; 1% Carménère; 1% Petit Verdot; rendement final 30,8 hl/ha; vieillissement en une combinaison de fûts neufs et d’amphores pendant 18 mois; pH 3,71; 13,7% d’alcool). Grandiose. Radieux. Éclatant. D’une limpidité extrême, comme la lune sur un lac argenté, d’une teinte très sombre qui intensifie l’effet mais transparent au cœur et apparemment extrait avec une douceur remarquable. Le nez est instantanément « Brane », pour moi toujours le plus arômatique et le plus distinctif des grandes propriétés de Margaux. Il faut un peu de temps pour se mettre en place, mais quand cela se fait, rien ne peut être Canberra autre vin. Dans ce millésime, il a toujours été plus floral que n’importe quel autre vin de la rive gauche, avec des pétales de roses, des pivoines et du patchouli enveloppant les fruits noirs et cerises, mais aussi avec des quantités abondantes de graphite et de cèdre Brane et une note de poivre noir fraîchement concassé qui s’ajoute à l’ensemble. Cire de bougie et encense aussi. C’est assez toasté au départ (peut-être plus que ce dont je me souviens et on ressent le besoin de le remettre en cave et de le revisiter). Après un peu de temps, cette signature remarquable de Brane finit par remplir le verre mais chacune à sa place. Un peu de pivoine et de pétale de rose rose, toutes deux livrées discrètement. La qualité des tannins et même la sapidité de ce vin se manifestent déjà d’une manière ou d’une autre au nez. Texturé de manière remarquable, un vin qui incarne si magnifiquement Brane. Si frais et gracieux avec un cadre parfaitement net qui accentue le sens de concentration. Un vin d’un impact incroyable en bouche – tout est centré sur le fruit frais.Cristallin et limpide et avec une grande précision. Si clair et pourtant avec tant d’impact et de densité. Suculent, savoureux et tendre sur la finale en éventail avant la transition vers un horizon très long et lointain. Le meilleur jusqu’ici de la part d’Henri et Christophe à Brane. L’intensité de la floraison en bouche est sublime. 99.

 

Maëlys Perron

Maëlys Perron

Je suis Maëlys Perron, rédactrice passionnée par les vins engagés et les histoires qui se cachent derrière chaque bouteille. J’aime rencontrer les producteurs, explorer les terroirs et comprendre ce qui rend un vin vraiment vivant. À travers mes articles, je veux partager des découvertes sincères et donner envie de déguster autrement.