Aucun nom n’anime une discussion sur la Bourgogne aussi efficacement que Lalou Bize-Leroy. Sa plus petite propriété, le Domaine d’Auvenay, est passé d’un statut culte à un quasi-mythique sur le marché des enchères de grands vins, les prix ayant flambé au cours des cinq dernières années.
Quiconque a visité la Côte d’Or reconnaîtra aussitôt les vignobles appartenant à Lalou Bize-Leroy. Qu’ils portent la bannière de Domaine Leroy, Maison Leroy ou le tout petit Domaine d’Auvenay, ils s’élèvent comme des jardins d’Eden en cascade. De ces parcelles proviennent certains des Chardonnays les plus prisés au monde (ainsi que des Pinot Noir et Aligoté hautement convoités), dont la rareté et la qualité les ont propulsés au sommet même du marché des grands vins.
Bize-Leroy, aujourd’hui dans sa quatre-vingt-dixième année, est la fille du négociant en vins Henri Leroy, qui a célèbrément acquis la moitié du Domaine de la Romanée-Conti (DRC) en 1942. Elle a repris la Maison Leroy dans les années 1950, lancé le Domaine Leroy en 1988, et pendant deux décennies a dirigé le DRC aux côtés de son cousin, Aubert de Villaine, conservant une part de 25 % à ce jour. Tout en développant le domaine Leroy avec d’autres parcelles de qualité, elle acheta une ferme isolée perchée dans les collines au-dessus de Saint-Romain; cela deviendra le Domaine d’Auvenay, incluant plus tard des parcelles héritées acquises entre 1989 et 1995.
Aujourd’hui, le Domaine d’Auvenay couvre à peine 3,87 hectares de vignes, répartis sur pas moins de 16 appellations, y compris des grands crus aussi bien en Côte de Nuits qu’en Côte de Beaune.
Parmi ce patchwork disparate de vignobles microscopiques, certains des plus petits sont les plus prestigieux, notamment les parcelles minuscules de 0,064 ha de Criots-Bâtard-Montrachet Grand Cru et 0,163 ha de Chevalier Montrachet. La production est en conséquence extrêmement limitée, avec seulement quelques centaines de bouteilles produites sur certaines parcelles.
Focus biodynamique
Une force de la nature en Bourgogne, Bize-Leroy est surtout connue comme une fervente adepte de la biodynamie. Elle n’est pas étrangère à l’expérimentation, affinant chaque année les techniques aussi bien au vignoble qu’en cave. Les vignes font l’objet d’un ébourgeonnage méticuleux. Aucune vendange en vert ni taille n’est pratiquée, car cela reviendrait à « amputer » la plante pour Leroy.
Le fait de maintenir la branche principale de chaque vigne (avec un tissage) sert à détourner l’énergie des raisins, donnant naissance à des baies petites et intensément aromatiques. Leroy fut la première à faire rouler ses canopées de cette façon, plutôt que de tailler, ce qui réduisait naturellement la vigueur de la vigne.
Les rendements sont délibérément et exceptionnellement faibles – autour de 15 hectolitres par hectare, contre une moyenne régionale proche de 40 hl/ha. Longtemps décriée par des voisins vignerons sceptiques, son approche pionnière a depuis inspiré une génération de producteurs.
En cave, les pratiques reflètent celles du Domaine Leroy. Le Chardonnay est récolté à pleine maturité, trié rigoureusement et fermenté naturellement en fûts de chêne. Les vins rouges sont vinifiés sans éraflage et vieillis en fût neuf. Le résultat est des vins d’une énergie, d’une densité et d’une précision remarquables, nécessitant souvent deux décennies ou plus pour atteindre leur pleine expression. Même des appellations modestes comme Auxey-Duresses atteignent une qualité presque transcendantale.

Autre vitesse
Il y a cinq ans, le Domaine d’Auvenay faisait déjà la une pour ses prix d’enchères « explosives ». Depuis, le marché a véritablement changé de vitesse. Le Grand Cru Criots-Bâtard-Montrachet peut désormais être considéré comme le vin fin mondial au rythme de la hausse le plus rapide. En 2020, un millésime 2005 avait atteint 5 403 € sur iDealwine (ce qui était alors considéré comme un prix remarquable). À la fin de 2024, le même vin, du même millésime, s’est vendu pour 16 875 € sur le site d’enchères français, à un collectionneur polonais. Ultra-rare, le même vin n’apparaissait pas dans les enchères de 2025 sur iDealwine.
La demande aux enchères continue de s’intensifier, à tous les niveaux. En 2024 (les chiffres finaux de 2025 n’étant pas disponibles au moment de la rédaction), le Domaine d’Auvenay se classait deuxième sur iDealwine en moyenne des marteaux, derrière seul le Domaine de la Romanée-Conti. Les meilleurs résultats comprenaient plusieurs grands crus, mais aussi des Meursault du village « simples » du millésime 2002, qui avaient atteint 4 500 € en 2024 et 5 250 € en 2025.
Les premiers indices de 2025 suggèrent que la trajectoire ascendante se poursuit. La rareté, conjuguée à une demande insatiable, a produit des chiffres d’enchères à la hauteur. Deux bouteilles de 2002 Grand Cru Chevalier-Montrachet se sont vendues à plus de 14 000 € chacune, et les prix moyens du Domaine d’Auvenay ont augmenté de près de 300 € au début de 2025. Avec la période des enchères la plus active qui vient tout juste de se terminer, d’autres records semblent non seulement possibles, mais probables.
Les vins rouges du domaine restent tout aussi insaisissables. Bonnes-Mares et Mazis-Chambertin commandent régulièrement plus de 10 000 €. Même l’Aligoté, souvent snobé, inspire l’admiration: le 2010 Sous-Châtelet s’était vendu pour 921 € en 2020, un prix alors célèbre. En 2025, plusieurs lots d’enchères ont été mis sous le marteau, avec un prix moyen d’enchère de 2 250 €.
La pionnière Lalou Bize-Leroy a sans aucun doute mérité sa place dans le panthéon des grands vins, en tant que pionnière du Bourgogne biodynamique. Elle se considère non pas comme la créatrice de ses vins, mais comme leur gardienne. Si vous avez la chance d’acquérir une bouteille du Domaine d’Auvenay, gardez-la précieusement dans votre cave – pendant au moins une décennie, voire deux.
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