Suite à la « montagne russe » qu’a été 2025, quel est l’avenir du vin fin en 2026 ? Le dernier rapport de Liv‑ex met en évidence les principaux virages du marché observés l’an dernier et ce qu’ils pourraient annoncer pour les douze mois à venir.
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A degree of optimism has returned
Tout d’abord, un élément d’optimisme, une denrée plutôt rare ces derniers mois. Comme le rapport Liv‑ex 2025 en revue : mutations clés du marché et signaux pour 2025 le souligne, l’ensemble de ses principaux indices a augmenté de façon continue depuis septembre 2025, « donnant au marché du vin fin un certain degré d’optimisme » pour 2026. Il nota en particulier l’augmentation des ratios bid:offer (« baromètre du sentiment du marché et indicateur fiable des mouvements de prix futurs ») au cours de la seconde moitié de l’année, suivie par la hausse des prix et des valeurs et volumes d’échanges qui ont augmenté tout au long de septembre et d’octobre. L’automne a également vu l’entreprise évoquer les premiers signes de reprise sur le marché asiatique, même si « l’augmentation du commerce… reste par à-coups dans sa nature ».
Comme le note Tom Burchfield, responsable de l’intelligence du marché, « on a le sentiment que le marché commence à tourner la page ». Il met en évidence l’amélioration du sentiment sur le marché asiatique, et le fait que les achats européens « prennent en charge la majeure partie du vide laissé par le recul américain ».
« Si ces bourgeons verts continuent de se consolider au cours du premier semestre de l’année, nous pourrons enfin déclarer que le marché est entré dans une phase de reprise », a-t-il déclaré.
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Continued uncertainly for the US
Il ne fait aucun doute que les tarifs du président Trump sur l’alcooleur américain ont nui au marché. Comme Liv‑ex l’a souligné, la menace de tarifs de 200 % en mars 2025 s’est avérée « un coup de massue qui a sonné le marché », qui à ce moment affichait une positivity hésitante. Lorsque les tarifs ont été confirmés en avril, bien que à un taux bien plus bas de 15 %, « les acheteurs américains se sont retirés ».
L’effet n’a pas été seulement lié aux tarifs eux-mêmes, mais aussi à l’impact qu’ils ont exercé sur la devise. Un dollar affaibli a rendu le vin fin plus cher pour les acheteurs américains et le segment d’acheteurs qui avait été le plus important en 2024 « est passé à l’arrière-scène » en 2025. Liv‑ex a pointé du doigt que la valeur des achats américains a terminé l’année à 43,6 % en dessous du niveau de 2024 et les régions particulièrement touchées furent celles qui avaient bénéficié « de manière constante » de la demande américaine. Cela incluait l’Italie (où les acheteurs américains représentaient 43,2 % de la valeur totale des achats de vin italien) et le Champagne.
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European buyers “finally seeing value”
L’un des avantages des fluctuations des devises, toutefois, est que si l’euro s’est raffermi en 2025, cela n’a pas tendance à influencer les acheteurs européens qui achètent des vins auprès des marchands européens. En conséquence, l’activité des acheteurs européens s’est accrue durant 2025, a noté Liv‑ex, avec la valeur des achats européens totaux en hausse d’environ 48,2 % sur un an. L’un des secteurs qui a bénéficié de ce regain fut la Toscane, les acheteurs européens comblant le déclin important des acheteurs américains de l’ensemble du vignoble italien.
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Crunch time for Bordeaux
Le en primeur bordelais de l’année dernière a été, comme cela a été largement reconnu, quelque peu décevant, voire « désastreux », selon Liv‑ex, les ventes des grands négociants britanniques ayant chuté de 60 %. Le rapport soutient que « l’équilibre des forces s’est décalé loin des producteurs, avec des rapports indiquant que les négociants refusaient des allocations » et qu’« il ne faut pas sous-estimer l’ampleur des dégâts qu’une campagne médiocre peut infliger à la marque Bordeaux ».
Le prochain en primeur de Bordeaux devra tenir compte de ces facteurs, et être proposé avec « des prix qui excitent », c’est-à-dire en dessous du prix du marché des millésimes comparables. « Si la stabilité revient au premier trimestre, alors une campagne EP séduisante pourrait intervenir au moment opportun pour faire passer la reprise à la vitesse supérieure », indique-t-il.
Pendant ce temps, le Bordeaux sur le marché secondaire s’en est sorti légèrement mieux. Admettons-le, sa part globale a reculé à nouveau, passant de 36,3 % en 2024 à 35,5 % à la fin de 2025, mais Liv‑ex a noté une hausse dans le Fine Wine 50 au dernier trimestre de l’année, les ratios bid:offer augmentant également. « Il demeure un surplus de vin jeune sur le marché, mais les perspectives pour Bordeaux sont meilleures qu’il y a six mois », conclut le rapport.
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But don’t be complacent!
Le rapport se termine sur une note de prudence. « Nous ne prévoyons pas une navigation sans accroc à partir d’ici », indique-t-il, avertissant que « dans l’ensemble, le marché va tirer des bords le long du fond tout au long de 2026 ». En revanche, « si les prix restent à leur niveau actuel pendant une période prolongée, cela offre aux nouveaux collectionneurs l’opportunité d’acheter et de boire du vin fin, créant une demande durable à long terme qui découle d’une passion pour le vin fin plutôt que d’une occasion de faire rapidement fortune ».