Marlène Soria : du hobby à la célébrité de la vinification

13 mars 2026

Ce qui a commencé comme la joie de produire du vin pour sa consommation personnelle a conduit Marlène Soria à devenir une star de la scène viticole du Languedoc.

Perché en hauteur dans le village de Saint-Pargoire, entre Béziers et Montpellier, le Domaine Peyre Rose est devenu l’un des noms les plus convoités du Languedoc. Fondé au tournant des années 1980 par l’ancienne agente immobilière Marlène Soria, il n’a jamais été conçu comme une entreprise commerciale. Il est né d’une ambition simple : produire du vin pour le partager avec la famille et les amis. Quatre décennies plus tard, ces mêmes bouteilles « hobby » se négocient à des sommes à trois chiffres lors des enchères.

Les données des enchères indiquent la réputation croissante de Peyre Rose parmi les collectionneurs de grands vins. En 2024, les vins du domaine ont atteint un prix moyen au marteau de 99 € sur le site d’enchères français iDealwine. En l’espace d’un an, ce chiffre avait grimpé de 7 % pour atteindre 106 €, faisant de Peyre Rose le troisième producteur le plus cher du Languedoc à l’enchère, derrière Grange des Pères et Mas de Daumas Gassac.

Ce classement le place résolument parmi l’élite de la région – aux côtés du Domaine Maxime Renaudin et du Château La Négly, ces cinq domaines du Languedoc dépassent désormais le seuil des 100 € en moyenne au marteau lors des enchères.

Autres grands noms du Languedoc? Mas Jullien et le Domaine de Montcalmès; cependant, leur succès en enchères repose davantage sur le volume que sur des prix au marteau impressionnants. Peyre Rose, à l’inverse, évolue dans un registre différent.

La production reste limitée, et ses quatre vins – trois rouges (Syrah Léone, désormais nommé Belle Léone ; Clos des Cistes ; et Marlène No.3) et un blanc, Oro – ne sont commercialisés qu’après un vieillissement prolongé. La rareté, associée à une identité stylistique inébranlable, a créé le type de tension entre offre et demande dont les collectionneurs raffolent.

Si les rouges de Peyre Rose ont établi sa réputation, c’est le seul blanc Oro qui a électrisé le marché secondaire ces dernières années. Oro est le seul vin blanc du domaine et, sans exagération, l’un des vins blancs les plus singuliers du Languedoc.

Élevé pendant près d’une décennie en cuves et en bouteilles avant sa mise sur le marché, il est délibérément, finement oxydé, offrant des notes de noisette, de fleurs et une légère pointe minérale. Réalisé en quantités minuscules à partir essentiellement de raisins locaux Rolle (Vermentino) et Roussanne, il est aussi intransigeant que sa créatrice.

Aux enchères en 2025, deux bouteilles de 2006 Coteaux du Languedoc Oro ont atteint 450,72 € – soit 80 % au-dessus de l’estimation avant-vente. Seuls les vins de Grange des Pères et Mas de Daumas Gassac ont enregistré des prix plus élevés cette année-là.

De tels résultats sont d’autant plus frappants lorsqu’on les compare au marché plus large des vins blancs de la région. Le prix moyen des blancs du Languedoc, en excluant les cuvées rares de Grange des Pères, se situe à un modeste 39 €, stable d’année en année. Pourtant, les blancs signés par feu Laurent Vaillé de Grange des Pères ont biaisé les perceptions, atteignant une moyenne de 289 € la bouteille aux enchères – dépassant même les rouges du domaine, qui atteignent en moyenne 244 €.

L’Oro, bien qu’il n’atteigne pas de tels sommets, occupe clairement un deuxième palier et demeure sans conteste l’un des vins blancs les plus chers du Languedoc sur le marché secondaire. Il est également emblématique d’un mouvement plus large : les vins blancs, bien que toujours rares, sont de plus en plus reconnus pour leur attrait gastronomique et leur potentiel de vieillissement. Dans ce contexte, Peyre Rose se présente comme un exemple privilégié d’une vision du Languedoc plus nuancée et complète.

La trajectoire du domaine est d’autant plus remarquable qu’elle part de ses origines. Lorsque Marlène Soria a défriché des broussailles de garrigue à la fin des années 70 pour planter des vignes, elle n’avait pas l’intention de bâtir un domaine culte.

La première vendange, en 1988, est apparue à une époque où les vins du Languedoc étaient largement considérés comme rustiques et surproduits.

Tout a changé lorsque le critique américain Robert Parker a découvert les vins. Son soutien a propulsé Peyre Rose sous les feux de la rampe internationale, attirant des collectionneurs avides de découvrir le prochain grand domaine du sud de la France. La reconnaissance est ensuite venue sur le plan national, consolidant le statut de Soria comme pionnière dans une région alors en lutte pour le prestige.

Aujourd’hui, le domaine certifié biologique s’étend sur 24 hectares, dont 80 % plantés en Syrah, le Grenache Noir et la Mourvèdre complétant la palette des rouges. Les blancs ne représentent que 3 hectares. La viticulture est méticuleuse, et l’élevage est long – parfois extrêmement long. Les vins ne sortent sur le marché que lorsque Soria les juge prêts, souvent des années après les vendanges. Cette refusal de céder à la pression commerciale est devenue partie intégrante de l’attrait du domaine.

L’ascension de Peyre Rose reflète une recalibration plus large du récit des vins fins du Languedoc. Autrefois vu principalement comme un bastion des rouges ensoleillés et produits en grande quantité, la région compte désormais une faction solide de domaines capables d’imposer des prix sérieux et une reconnaissance critique. Pourtant, même à 106 € de prix moyen au marteau, Peyre Rose demeure, selon les standards mondiaux du vin fin, relativement accessible.

Pour les collectionneurs prêts à regarder au-delà des grands crus bleus de Bordeaux et de Bourgogne, le Languedoc offre une proposition alternative : authenticité, longévité et expression du terroir à une fraction du coût. Dans ce paysage, Peyre Rose occupe une position singulière – un domaine non conformiste dont les vins sont autant une déclaration intellectuelle qu’un plaisir sensoriel.

Ce qui a commencé comme un projet personnel est devenu l’une des histoires les plus captivantes du grand vin de la région. Et, à mesure que les résultats des enchères progressent, il est clair que les simples « vins à partager » de Marlène Soria sont de plus en plus partagés avec les amateurs de vin les plus exigeants du monde.

À propos de iDealwine.com

 

• Fondé en 2000, iDealwine est le premier enchérisseur de vins en France et la principale maison d’enchères de vins en ligne au monde.

• Fine Spirits Auction (FSA) est la plateforme dédiée aux spiritueux d’iDealwine, lancée en partenariat avec La Maison du Whisky, spécialiste français des spiritueux haut de gamme depuis 1956.

• Siège à Paris, avec des bureaux à Bordeaux et à Beaune, et des bureaux internationaux à Hong Kong, Singapour et New York, iDealwine source des bouteilles rares des caves européennes, de collections privées et directement auprès des producteurs avant de les authentifier méticuleusement et de les expédier aux passionnés, aux collectionneurs et aux clients professionnels du monde entier.

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Maëlys Perron

Maëlys Perron

Je suis Maëlys Perron, rédactrice passionnée par les vins engagés et les histoires qui se cachent derrière chaque bouteille. J’aime rencontrer les producteurs, explorer les terroirs et comprendre ce qui rend un vin vraiment vivant. À travers mes articles, je veux partager des découvertes sincères et donner envie de déguster autrement.