Le vigneron et fondateur du Groupe Gérard Bertrand figure dans le guide Master Winemaker 100 de cette année. Il raconte à db comment démocratiser les styles de vin, investir dans la biodiversité et les similitudes entre la musique et la vinification.
Avant de reprendre l’entreprise familiale il y a 35 ans, Gérard Bertrand jouait au rugby à XV pour la France et pour le RC Narbonne. Étant l’un des viticulteurs les plus influents du Languedoc-Roussillon, il supervise 17 domaines totalisant plus de 900 hectares et est un grand défenseur de la biodynamie.
On m’a dit un jour que pour fabriquer un grand vin, il faut d’abord écouter la terre. La nature a toujours le dernier mot.
Un grand vin doit avoir le goût d’un lieu, et pas seulement le goût de quelque chose. Il doit exprimer son terroir avec harmonie, équilibre et émotion.
Un grand vigneron devrait être humble devant la nature et assez patient pour laisser parler le terroir.

La perfection est un voyage sans fin, guidé par la passion. La poursuite de la perfection, cet effort quotidien d’aller plus loin, de prendre soin de chaque détail, est ce qui donne du sens à notre travail et nous permet de révéler le meilleur de nos terroirs.
Ce que j’aimerais le plus changer dans le monde du vin, c’est qu’il soit plus ouvert à de nouvelles habitudes de consommation et à des catégories de vins: orange, à faible alcool, non filtrés. Il est temps de démocratiser ces styles et de rendre le monde du vin moins intimidant, et plus accessible et inclusif.
J’aimerais pouvoir dire au consommateur qui boit mon vin que chaque bouteille porte l’âme du Sud de la France: une histoire de lumière, de vent et de gens.
La dernière fois que j’ai demandé conseil à un sommelier était pour découvrir une nouvelle association qui pourrait me surprendre autant qu’elle m’inspirerait. Je suis toujours très curieux de voir comment les sommeliers interprètent nos vins orange et les associations créatives qu’ils imaginent autour d’eux.
Si je ne pouvais pas être vigneron, je serais musicien: les deux sont une affaire de rythme, d’harmonie et d’émotion.
Je souhaite que nos vignobles restent dynamiques et résilients, avec des sols vivants, des racines profondes et des gens qui les soignent avec respect et détermination.

Ma prochaine ambition est de continuer à démontrer que la biodynamie peut créer les grands vins de demain.
Si je gagnais à la loterie, j’investirais encore plus dans la protection de la biodiversité, et dans l’éducation pour les générations futures.
S’il y avait davantage d’heures dans la journée, je les consacrerais à la méditation, prenant le temps de me reconnecter au silence et à l’énergie, de faire une pause, de respirer et de me réaligner sur le rythme de la nature.
Quand tout va mal, je retourne à la nature; elle rétablit la perspective et la paix.
Mon vin pour une île déserte serait le mien, La Grande Bleue. Après tout, si je suis entouré d’eau, autant profiter d’un vin frais et salin qui reflète parfaitement la minéralité de la Méditerranée.
Médailles Master de Gérard Bertrand
Villa Soleilla 2023, The Global Orange Wine Masters 2025
Clos du Temple 2023, The Global Rosé Masters 2025