L’Australie a trouvé au Canada un soulagement partiel face à la chute de ses ventes extérieures de vin. Selon les chiffres du commerce du secteur rendus publics ce mercredi 2 septembre, les exportations australiennes vers le marché canadien ont augmenté de 20% en valeur sur les douze mois clos en juin, atteignant 188 millions de dollars australiens. En volume, la hausse a été de 13%, atteignant 69 millions de litres.
Cette avancée s’explique en partie par le fait que les vins américains ont eu moins de présence au Canada pendant le différend commercial entre les deux pays. La moindre disponibilité de produits américains a ouvert des créneaux à d’autres origines et permis aux producteurs australiens de gagner des parts de marché sur ce marché.
Cette amélioration au Canada contraste avec l’évolution de l’ensemble des activités d’exportation australiennes. Pendant cette même période, les exportations totales de vin d’Australie ont reculé de 7%, s’élevant à 2,3 milliards de dollars australiens. Le recul a été bien plus marqué aux États-Unis, où les ventes australiennes ont chuté de 27% et se sont élevées à 229 millions de dollars australiens.
Cette faiblesse ne se limite pas à l’Australie. Aux États-Unis, les importations de vin ont diminué de 25,2% en valeur et de 16,8% en volume au cours du premier semestre. Parmi les pays les plus touchés par cette baisse figurent l’Australie, le Chili et l’Afrique du Sud, avec des réductions d’environ 40% dans la valeur de leurs ventes sur le marché américain.
Ces chiffres alimentent le doute sur l’effet des droits de douane sur la demande de vin aux États-Unis. Étant donné le poids de ce pays en tant que l’un des principaux acheteurs de vin importé, une contraction de cette ampleur peut modifier la demande, la rotation des stocks et les décisions concernant les prix et la distribution des maisons de négoce, des importateurs et des grossistes. Cela peut aussi pousser plusieurs opérateurs à rechercher des marchés alternatifs pour compenser une partie des pertes de ventes en Amérique du Nord.
Le cas du Canada montre, en même temps, comment une dispute commerciale peut modifier la répartition des parts de marché entre pays fournisseurs sur un laps de temps court. Pour l’Australie, ce mouvement a servi à améliorer sa position sur un marché pertinent, même s’il ne suffit pas pour compenser la chute de ses ventes aux États-Unis ni la baisse des exportations totales.