Congrès mondial du vin en Chine : 420 études venues de 35 pays

12 septembre 2026

L’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin (OIV) a diffusé le programme scientifique préliminaire de son 47e Congrès mondial de la vigne et du vin, qui se tiendra du 12 au 16 octobre prochain à Yinchuan, dans la région chinoise du Ningxia. La rencontre réunira des scientifiques, des chercheurs, des responsables publics et des professionnels du secteur et marquera la première édition du congrès organisée en Asie.

L’OIV présente cet appel comme une édition d’une valeur particulière pour la Chine, qui est un membre récent de l’organisation. Le vice-ministre chinois de l’Agriculture et des Affaires rurales, Zhang Zhili, affirme que la candidature pour accueillir le congrès et l’Assemblée générale de l’OIV reflète « la détermination et la confiance » du pays à avancer dans une ouverture de haut niveau et à s’intégrer davantage dans le secteur international de la vigne et du vin.

La rencontre se déroulera à Ningxia, l’une des zones vitivinicoles les plus présentes dans la stratégie chinoise pour le vin. L’OIV situe la région entre les monts Helan et le fleuve Jaune, et rappelle que la vigne y était cultivée et le vin élaboré il y a plus de 1 000 ans, à l’époque de la dynastie Xia. L’organisation présente également le congrès comme une occasion de connaître de près l’évolution du vignoble chinois et ses axes de travail en matière de durabilité.

Le programme comprend 271 communications orales et 149 posters, soit 420 contributions scientifiques provenant de 35 pays. L’activité sera répartie en quatre grandes zones: viticulture, œnologie, économie et droit, et sécurité et santé. Le brouillon reflète une participation large de centres et d’équipes chinois, aux côtés de travaux d’Espagne, de France, d’Italie, du Portugal, d’Allemagne, d’Afrique du Sud, d’Australie, du Chili, de l’Uruguay, d’Ukraine, des États-Unis et d’autres pays producteurs.

La partie viticulture sera très axée sur l’adaptation du vignoble au changement climatique, la gestion de l’eau, l’amélioration génétique et la santé végétale. Parmi les communications figurent des études sur les toiles d’ombrage, l’irrigation déficitaire, les couvertures végétales, le biochar, l’usage de microorganismes et de nouvelles variétés tolérantes à la sécheresse, au froid ou aux maladies. Dans le cadre espagnol, le programme réunit des travaux de Jesús Yuste sur l’irrigation déficitaire du Tempranillo dans la vallée du Douro et sur le potentiel hydrique du vignoble en Ribera del Duero, ainsi que des recherches sur des variétés locales pour zones chaudes, de nouveaux raisins de table sans pépins tolérant aux maladies fongiques et des images hyperspectrales pour détecter les résidus de fongicides sur les raisins.

La session œnologie sera orientée vers l’adaptation technique du vin face à des changements de matière première, de marché et de consommation. Le brouillon inclut des recherches sur les levures indigènes, les fermentations avec moins de sulfites, le contrôle de l’acidité, les macérations, la stabilisation, de nouveaux outils analytiques et l’élevage. On voit également une forte présence de la fabrication de vins sans alcool ou à faible teneur en alcool, avec des études sur les techniques de désalcoolisation, les effets sensoriels et la conservation des arômes. L’Espagne sera présente dans cette partie avec des travaux sur la réduction des sulfites par homogénéisation à ultra-haute pression et levures non-Saccharomyces, la bioacidification du vin, la comparaison entre les mousseux élaborés par méthode Charmat et la carbonatation directe, et des essais avec de nouvelles variétés telles que Myrtia, Calnegre et Gebas.

La partie économie et droit tournera autour de l’adaptation du secteur à un marché en mutation. Le programme comprend des communications sur la situation de l’industrie du vin en Chine, la distribution régionale dans le Ningxia, l’optimisation des chaînes d’approvisionnement, les étiquettes numériques, les systèmes d’appellation, la réglementation des vins sans alcool ou à faible teneur et l’utilisation de l’intelligence artificielle appliquée au business du vin. L’oenotourisme disposera d’un espace propre avec des analyses comparatives entre les régions de l’OIV, des études sur la mobilité, des assistants virtuels et la construction d’un récit territorial. Parmi les travaux espagnols figure une recherche sur BOBALIA, un assistant conversationnel pour le marketing de l’oenotourisme, ainsi que des contributions sur la transition circulaire dans l’industrie du vin.

La session sécurité et santé réunira des études sur les habitudes de consommation, les profils des consommateurs de vins sans alcool ou à faible teneur, l’activité biologique des composés phénoliques, la valorisation des sous-produits de la vigne et l’empreinte environnementale de l’emballage. Parmi les communications figurent des analyses sur la consommation modérée chez les personnes allergiques et/intolérantes, des recherches sur les extraits d’orujo et des études sur les habitudes de consommation d’alcool chez les étudiants. L’OIV situe cette partie du congrès dans une ligne de travail qui conjugue production, santé publique et durabilité sociale.

La répartition même du programme met en évidence deux enjeux qui pèsent dans presque toutes les sections: l’adaptation au changement climatique et la réponse du secteur face aux nouvelles formes de consommation. En viticulture, cela se traduit par la gestion de l’eau, des variétés résistantes et l’agriculture de précision. En œnologie, par la réduction du taux d’alcool, la correction de l’acidité et l’emploi de levures spécifiques. En économie et droit, par des normes pour de nouvelles catégories de produits et par les canaux de vente et de communication. En sécurité et santé, par la relation entre le vin, les habitudes de vie et la perception du consommateur.

Les inscriptions pour le congrès restent ouvertes, tandis que l’OIV finalise un programme qui vise à faire de Yinchuan un point de rencontre entre professionnels chinois et internationaux pendant cinq jours de débats techniques et scientifiques sur le présent et l’avenir du secteur vitivinicole.

Maëlys Perron

Maëlys Perron

Je suis Maëlys Perron, rédactrice passionnée par les vins engagés et les histoires qui se cachent derrière chaque bouteille. J’aime rencontrer les producteurs, explorer les terroirs et comprendre ce qui rend un vin vraiment vivant. À travers mes articles, je veux partager des découvertes sincères et donner envie de déguster autrement.