Découverte d’un probiotique qui réduit les dommages de l’alcool sur l’intestin et le foie

1 septembre 2026

Une équipe de chercheurs sud-coréens a observé chez des souris que la bactérie lactique Lacticaseibacillus paracasei WiKim0110 réduit une partie des dommages que provoque l’alcool sur l’axe intestin-foie et améliore plusieurs réponses liées à la barrière intestinale. Le travail, publié le 23 août dernier dans Scientific Reports, situe cette souche comme une piste de recherche sur les dommages intestinaux et hépatiques associées à la consommation d’alcool.

La recherche réunit des scientifiques du World Institute of Kimchi, de l’Université Chung-Ang, de l’Université Dongshin et de l’Université de Coree. Les auteurs ont travaillé avec un modèle murin de lésion induite par l’alcool afin de vérifier si cette bactérie, décrite comme d’origine intestinale, pouvait limiter les effets de l’alcool sur l’organisme.

Les auteurs signalent que le régime alimentaire avec alcool a réduit le poids corporel des animaux, augmenté le poids du foie et élevé dans le sang les concentrations de l’alanine aminotransferase (ALT) et de l’aspartate aminotransferase (AST), deux marqueurs utilisés pour évaluer les dommages hépatiques. Avec la supplémentation de WiKim0110, ces changements se sont atténués.

Dans l’intestin grossier, l’équipe a enregistré une augmentation de l’expression des gènes Muc2 et Muc3a, liés à la production de mucine, et du facteur Atoh1, lié à la différenciation des cellules caliciformes. En même temps, l’expression de Tlr4 et Cd14, deux marqueurs associés à la détection des lipopolysaccharides bactériens, a diminué. Les chercheurs interprètent ces données comme une amélioration des réponses liées à la couche muqueuse intestinale et une moindre activation des signaux immunes innats associées au LPS.

L’étude a également observé une induction marquée de Reg3g, un gène lié à la défense antimicrobienne de l’épithélium intestinal. Pour les auteurs, ce changement pointe vers un renforcement de la protection locale face aux microorganismes.

L’analyse du microbiome a montré que l’alcool avait modifié la composition bactérienne intestinale, avec une diminution de la diversité alpha et une expansion du groupe Escherichia-Shigella. Chez les animaux supplémentés avec WiKim0110, on a observé davantage de Bacteroides, d’Akkermansia et de Romboutsia, un motif que le travail interprète comme une récupération partielle de la disbiose induite par l’alcool.

Dans le foie, la souche a réduit l’expression d’Il1b, Fasn et Acaca, des gènes liés à l’inflammation et à la synthèse des lipides, et a élevé Sod1 et Nfe2l2, liés à la réponse antioxidante. Dans l’ensemble, les chercheurs soutiennent que WiKim0110 a atténué la dysfonction de l’axe intestin-foie provoquée par l’alcool et renforcé les réponses liées à la barrière intestinale.

La souche étudiée provient d’un échantillon fécal d’un donneur infantile sain, obtenu avec le consentement parental. Les auteurs soulignent également que le protocole a reçu l’approbation du comité éthique du Mokpo Korean Medicine Hospital de l’Université Dongshin et déclarent ne pas avoir d’intérêts en conflit.

La recherche a reçu le soutien du World Institute of Kimchi, avec les aides KES2604 et KE2501-1-1 ; du programme Agricultural Microbiome R&D, géré par le Korea Institute of Planning and Evaluation for Technology in Food, Agriculture, Forestry, and Fisheries avec le financement du Ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires Rurales de la Corée du Sud, via l’aide RS-2024-00397218 ; et de la Korea Innovation Foundation, financée par le Ministère de la Science et des TIC par le biais de l’aide 2021-DD-UP-0380.

Pour le secteur des boissons, en particulier celui lié au vin, à la bière et aux liqueurs, l’étude apporte une base utile pour de futures pistes de recherche sur les effets biologiques de l’alcool et sur le rôle possible des bactéries lactiques dans des produits ou ingrédients fonctionnels. Le travail, toutefois, a été réalisé sur des souris et n’évalue pas de boissons spécifiques ni ne permet de transférer directement ses résultats aux humains.

Maëlys Perron

Maëlys Perron

Je suis Maëlys Perron, rédactrice passionnée par les vins engagés et les histoires qui se cachent derrière chaque bouteille. J’aime rencontrer les producteurs, explorer les terroirs et comprendre ce qui rend un vin vraiment vivant. À travers mes articles, je veux partager des découvertes sincères et donner envie de déguster autrement.