La consommation de vin dans le canal alimentaire en Espagne a chuté de 2,4% en valeur et de 3,3% en volume au cours du premier semestre 2026, atteignant respectivement 493,5 millions d’euros et 1,4 million d’hectolitres. Le prix moyen a peu varié et s’est établi à 3,42 euros par litre, soit une hausse de 0,9%, selon les données du panel alimentaire du Ministère de l’Agriculture analysées par Del Rey AWM.
L’évolution du canal alimentaire pèse sur le marché, mais elle ne reflète pas à elle seule l’ensemble du marché du vin en Espagne. Del Rey AWM rappelle que ces achats s’ajoutent à ceux réalisés en hôtellerie/restauration, magasins spécialisés, établissements non permanents, internet et ventes en cave. Sur les 12 mois clos en juin 2026, le panel du Ministère situe la consommation en alimentation à 3,1 millions d’hectolitres, ce qui équivaut à 34,6% du total estimé à un peu plus de 9 millions d’hectolitres.
La société de conseil souligne aussi que la chute dans l’alimentation est plus modérée que celle de l’ensemble de la consommation de vin. Sur la même période interannuelle jusqu’en juin, la baisse dans l’alimentation était de 2,4%, contre 7,2% estimé pour le total. Cette différence pointe vers une perte plus importante dans d’autres canaux de vente.
Si l’on compare le semestre à la série interannuelle, l’ajustement en volume s’est intensifié. Au cours des 12 derniers mois, la diminution était de 2,4% et au premier semestre elle est passée à 3,3%. En revanche, le chiffre d’affaires a modéré sa régression, passant de -2,9% sur l’année à -2,4% au cours des six premiers mois de l’année, soutenu par cette légère hausse du prix moyen.
Par catégories, les vins tranquilles avec appellation d’origine protégée, qui concentrent la majeure partie des ventes, ont enregistré le plus fort déclin. Leurs ventes ont chuté de 7,5% en volume, à 58,7 millions de litres, et de 5,9% en valeur, à 279 millions d’euros. Les mousseux ont mieux résisté, avec une baisse de 0,9% en volume et de 3,5% en valeur, à 48,2 millions d’euros. Les vins de liqueur ont clôturé le semestre à 22,3 millions d’euros, pratiquement sans variation de chiffre d’affaires, bien qu’ils aient perdu 3,9% en volume.
Le comportement fut différent pour les références à prix plus bas. Les vins tranquilles avec indication géographique protégée ont augmenté de 6,3% en valeur, atteignant 30,1 millions d’euros, et de 7,7% en volume, avec un prix moyen de 3,10 euros par litre. Les vins sans indication ont également amélioré leur facturation, de 4,1%, jusqu’à 110 millions d’euros, bien que les litres aient reculé de 1,3%. Dans ce cas, le prix moyen a augmenté de 5,5% et s’est établi à 1,77 euro par litre.
La division par couleurs donne une image similaire. Le rouge est resté la catégorie principale, mais c’est celle qui a le plus souffert. Sur le semestre, il a enregistré 234,2 millions d’euros de chiffre d’affaires, soit -7,9%, avec 68,1 millions de litres vendus, soit -7,1%. Son prix moyen, le plus élevé parmi les vins tranquilles par couleur, a reculé de 0,9%, à 3,44 euros par litre.
Le blanc a progressé de 5,1% en valeur, atteignant 135,7 millions d’euros, avec une variation de 0,3% en volume, à 46,2 millions de litres. Une bonne partie de cette amélioration provient du prix moyen, qui a augmenté de 4,9%, à 2,94 euros par litre. Le rosé, bien que de taille bien moindre, a également amélioré sa facturation. Ses ventes en euros ont crû de 2,9%, atteignant 18,7 millions, bien que le volume ait chuté de 6,5%, à 6,4 millions de litres. Le prix moyen a augmenté de 10% et s’est fixé à 2,90 euros par litre.
Del Rey AWM relie cette répartition des ventes à une meilleure réaction du blanc et du rosé par rapport au rouge et à une plus grande robustesse des catégories les moins chères. Le cabinet de conseil ajoute que ce mouvement se constate aussi sur d’autres marchés et dans les exportations, où certains consommateurs choisissent des vins plus frais et plus faciles à consommer, sans exclure le maintien des segments de plus grande valeur.
Le panel du Ministère retrace également l’évolution du vin désalcoolisé et des boissons à base de vin. Dans le cas du désalcoolisé, les chiffres demeurent modestes: 2,2 millions d’euros et 0,3 million de litres sur le semestre. Cependant, la hausse est très forte, avec une augmentation de 84,9% en valeur et de 147% en volume. Del Rey AWM appelle à la prudence vis-à-vis de cette catégorie en raison de la petite taille de l’échantillon et de la nécessité de suivre son évolution sur une période plus longue.
Là où l’avancée est la plus visible est dans les boissons à base de vin. Leurs ventes ont atteint 79,2 millions d’euros et 36,3 millions de litres au premier semestre, avec un prix moyen de 2,18 euros par litre. Cela représente une hausse de 15% en valeur et de 20,1% en volume, tandis que le prix moyen a diminué de 4,3%.
Dans ce groupe, le panel répertorie le vermouth, la sangria, le vin rouge d’été et les boissons sans alcool. Le vermouth a porté sa facturation à +15%, tandis que le vin rouge d’été et les boissons sans alcool ont dépassé les 30% en valeur et 20% en volume. La sangria a été l’exception, avec une baisse de 3,8% en euros et sans changement en litres vendus.