Pernod Ricard fait état d’un retour à une croissance modeste lors de son dernier trimestre, soulignant un regain de dynamique après une période difficile pour le secteur des spiritueux. Le groupe indique que les tendances sous-jacentes se renforcent malgré l’incertitude mondiale persistante et les vents contraires régionaux.
Pernod Ricard a déclaré que la seconde moitié de son exercice financier, qui s’achève en juin, afficherait une dynamique améliorée, et c’est ce qui s’est vérifié.
Le groupe français de spiritueux a enregistré une hausse des ventes au troisième trimestre, plus forte que prévu, de 0,1 %, les volumes totaux affichant une croissance de 4 % entre Noël et la fin mars.
Une performance sur neuf mois encore sous pression
Cette évolution signifie que les ventes organiques sont légèrement supérieures sur les neuf mois, mais restent en recul de 14,6 % en termes absolus. Cependant, les chiffres du dernier trimestre constituent les premiers à exclure les comparaisons liées aux ventes de l’année précédente de l’activité vins et à Imperial Blue en Inde.
Cependant, le chemin vers une amélioration continue a été assombri par les hostilités au Moyen-Orient, qui auront un impact sur les ventes dans la région et limiteront le commerce de détail lié aux voyages, qui représente environ 6 % de ses revenus.
Le groupe s’attend désormais à ce que ses ventes nettes organiques diminuent de 3 % à 4 % au cours de l’exercice financier en cours.
Les ventes dépassent les attentes du marché
Les ventes globales du dernier trimestre se situaient à 1,95 milliard d’euros, soit une hausse en données comparables de 0,1 %, contre une prévision de marché d’une baisse de 0,7 %.
Cette amélioration fait suite à une contraction de 5 % au deuxième trimestre, les marchés en Inde et les ventes mondiales dans le travel retail s’étant améliorés, compensant la faiblesse continues de la demande des consommateurs aux États-Unis et en Chine.
Au cours du trimestre, les ventes organiques aux États‑Unis ont reculé de 12 %, tandis que celles en Chine ont diminué de 7 % par rapport au niveau de 2025. Ces niveaux de demande encore faibles ont été partiellement compensés par une hausse de 11 % des ventes organiques en Chine.
Les ambitions de croissance à long terme demeurent
La société a réaffirmé sa prévision d’une croissance des ventes comprise entre 3 % et 6 % entre 2027 et 2029, malgré un fléchissement généralisé de la demande d’alcool dans l’industrie et l’incertitude mondiale persistante.
Pernod Ricard n’a pas commenté les pourparlers en cours concernant une « fusion d’égal à égal » avec Brown-Forman, propriétaire de Jack Daniel’s, que les analystes estiment qu’un groupe nouvellement fusionné pourrait économiser jusqu’à 450 millions d’euros par an en coûts.
Ces discussions ont été menacées par l’intérêt de Sazerac, concurrent américain, pour Brown-Forman.
The Wall Street Journal rapporte que Sazerac a offert 15 milliards de dollars pour son rival basé dans le Kentucky. Cela représente une prime de juste au-dessus de 10 % par rapport à la valeur de marché actuelle de Brown-Forman, qui a été stimulée par l’intérêt pour le groupe.
Certains commentateurs estiment que la famille Brown, qui contrôle l’entreprise, préférerait une fusion avec Pernod Ricard car un échange d’actions lui permettrait de conserver une certaine influence sur l’entreprise qu’elle a fondée il y a cinq générations.