L’Espagne a réduit ses exportations de produits vitivinicoles au cours du premier semestre 2026. Entre janvier et juin, elle a écoulé à l’étranger 1 560,9 millions d’euros et 1 125,4 millions de litres, contre 1 737,4 millions d’euros et 1 410 millions de litres pour la même période de 2025. Les données de l’Agence étatique de l’administration fiscale, analysées par l’Interprofession du Vin d’Espagne, situent la baisse à 10,2 % en valeur et à 20,2 % en volume.
La différence en termes absolus s’élevait à 176,5 millions d’euros et 284,6 millions de litres de moins qu’un an auparavant. La diminution de la quantité envoyée à l’étranger double en pourcentage la perte de chiffre d’affaires, une relation qui marque une bonne partie de l’évolution du semestre.
Si l’on ne prend en compte que le vin, sans inclure les vins aromatisés, le moût ni le vinaigre, la baisse est plus modérée. Les exportations espagnoles de vin se situaient à 1 326,4 millions d’euros, en baisse de 8,2 %, et à 840 millions de litres, en baisse de 15,8 %. L’OIVE attribue une partie du pire résultat de l’ensemble vitivinicole à la forte réduction du moût, qui a chuté de 25 % en valeur et de 36 % en volume au cours des six premiers mois de l’année.
Les vins aromatisés ont également reculé, avec une baisse de 7,4 % en valeur et de 10,5 % en volume, et le vinaigre, avec une diminution de 5,5 % en valeur et de 7,1 % en volume. Cette évolution explique que l’ensemble vitivinicole affiche un recul plus important que celui du seul vin.
La série semestrielle gérée par l’OIVE situe le volume de 2026 comme le plus bas de la période 2017-2026. Le précédent minimum correspondait à 2020, avec 1 210 millions de litres, de sorte que la donnée actuelle se situe 85 millions de litres en dessous, soit environ 7 % de moins. En valeur, les 1 560,9 millions d’euros constituent l’enregistrement le plus bas depuis 2020 et le quatrième plus bas de toute la série.
La comparaison avec 2024 augmente l’écart. Au cours du premier semestre de cette année-là, l’Espagne a exporté des produits vitivinicoles pour 1 798 millions d’euros et 1 459 millions de litres, le niveau le plus élevé en valeur du période analysée. Deux ans plus tard, la perte atteint 237 millions d’euros, soit 13,2 %, et 334 millions de litres, soit 22,9 %. Si la référence est 2021, lorsque le volume est arrivé à 1 538 millions de litres, la différence avec 2026 s’élève à 413 millions de litres, près de 26,9 %.
La trajectoire des dernières années montre que la baisse n’a pas commencé en 2026. Après le maximum de 2024, le premier semestre 2025 s’est déjà conclu par une réduction de 3,4 % tant en valeur qu’en volume, passant de 1 798 à 1 737 millions d’euros et de 1 459 à 1 410 millions de litres. En 2026, l’ajustement s’est intensifié, surtout dans la quantité exportée.
L’évolution depuis 2017 a été irrégulière. Cette année-là, l’Espagne a exporté pour 1 483 millions d’euros et 1 371 millions de litres. En 2018, la valeur est montée à 1 616 millions d’euros, tandis que le volume a diminué à 1 297 millions de litres. En 2019, c’est l’inverse qui s’est produit : la quantité a augmenté à 1 364 millions de litres et la valeur a reculé à 1 461 millions d’euros. En 2020, les deux variables ont chuté, jusqu’à 1 360 millions d’euros et 1 210 millions de litres.
La reprise est arrivée en 2021, avec 1 588 millions d’euros et 1 538 millions de litres. Puis une nouvelle divergence entre valeur et volume s’est ouverte. En 2022, les exportations ont atteint 1 665 millions d’euros avec 1 373 millions de litres. En 2023, la valeur a progressé jusqu’à 1 686 millions, tandis que la quantité a baissé à 1 301 millions de litres. En 2024, les deux magnitudes se sont améliorées avant le changement de tendance de 2025 et 2026.
A partir de ces chiffres, la valeur apparente moyenne par litre se situe autour de 1,39 euro au premier semestre 2026, le niveau le plus élevé de la série. En 2025, elle tournait autour de 1,23 euro par litre, ce qui représente une augmentation d’environ 12,6 %. Le précédent maximum se trouvait en 2023, avec environ 1,30 euro par litre.
Cette augmentation de la valeur moyenne par litre aide à comprendre pourquoi la baisse de la facturation est moindre que celle du volume. Avec moins de litres exportés, chaque unité vendue apporte en moyenne plus d’euros que lors des premiers semestres précédents. Cependant, les données agrégées ne permettent pas d’attribuer cette variation à un marché précis, à un format déterminé ou à une catégorie spécifique au sein du vin.
La comparaison entre 2021 et 2026 illustre bien ce changement. En 2021, l’Espagne a obtenu 1 588 millions d’euros pour 1 538 millions de litres. En 2026, la valeur se situe à seulement 27 millions d’euros de moins, soit une baisse de 1,7 %, alors que le volume est inférieur de 413 millions de litres, soit une baisse d’environ 26,9 %.
Si l’on prend comme point de départ 2017, la valeur exportée passe de 1 483 à 1 560,9 millions d’euros, soit une progression d’environ 78 millions, autour de 5,3 %. Dans la même période, le volume diminue de 1 371 à 1 125,4 millions de litres, soit une réduction de 246 millions, près de 17,9 %. La relation entre les euros et les litres a clairement changé au cours de cette décennie, avec un poids plus important accordé à la valeur par rapport à la quantité.