La production de spiritueux au Royaume-Uni a fortement chuté au cours du dernier trimestre selon les données complètes de fabrication, tandis que les sorties soumises à l’impôt ont à peine varié. Les statistiques officielles de HM Revenue & Customs (HMRC), mises à jour ce vendredi, 28 août, situent la production entre avril et juin 2026 à 111,71 millions de litres d’alcool pur, contre 157,88 millions dans la même période de l’exercice précédent. Cela représente 46,17 millions de litres de moins, soit une baisse de 29,2 %.
Dans cette même période, les liquidations fiscales des spiritueux sont passées de 29,53 à 29,21 millions de litres d’alcool pur. La différence est d’environ 315 000 litres et équivaut à une diminution de 1,1 %. L’écart entre ces deux mouvements est conséquent : la fabrication recule d’un peu plus d’un tiers, mais les sorties imposables du produit évoluent à peine.
HMRC rappelle que les spiritueux sont taxés au litre d’alcool pur et que l’impôt est généralement payé lorsque le produit sort de l’entrepôt fiscal. C’est pourquoi la série des liquidations ne mesure pas directement les ventes en magasin et ne coïncide pas toujours avec le rythme de production des distilleries. De plus, ces sorties peuvent inclure des produits importés ou retirés de stocks déjà entreposés, de sorte qu’une baisse de la fabrication n’a pas nécessairement pour effet immédiat une baisse similaire des quantités imposables.
Cette différence n’autorise pas non plus à attribuer une cause unique. Dans ce type de registres, l’utilisation des stocks accumulés peut influencer, tout comme un poids plus important des importations ou des changements dans le calendrier selon lequel les entreprises extraient le produit des dépôts fiscaux. HMRC considère en tout état de cause les données de production et de liquidations d’avril à juin comme provisoires.
La collecte de l’impôt sur les spiritueux a en effet augmenté au cours du trimestre. Entre avril et juin, le Royaume-Uni a encaissé 907 millions de livres par cette voie, contre 873 millions l’année précédente. Cela représente 34 millions de plus, soit une hausse de 4 %. Cette évolution montre que la collecte ne dépend pas uniquement du volume produit. Le prix des produits, leur teneur en alcool, les taux d’imposition en vigueur et le moment où les paiements sont effectués jouent aussi un rôle.
La HMRC elle-même explique qu’il existe un décalage d’un mois entre la période à laquelle naît l’obligation fiscale et le moment où l’argent entre dans les caisses. Dans ses séries, « liabilities » désigne la dette communiquée par les opérateurs ; « accrued » correspond au moment où cette dette se génère ; et « duty receipts » désigne les paiements effectivement reçus par l’administration. Cette mécanique aide à comprendre pourquoi la collecte trimestrielle peut augmenter même si la production de la période baisse clairement.
Si l’on élargit la vision au début de l’exercice fiscal, la collecte pour les spiritueux évolue peu. Entre avril et juillet 2026, elle s’est élevée à 1,163 milliard de livres, contre 1,164 milliard dans la même période de l’exercice 2025-2026. La différence est d’un million de moins, en dessous de 1 %. Le détail mensuel révèle un schéma inégal : 277 millions en avril, 330 en mai, 299 en juin et 256 en juillet, avec un pic en mai et une correction ultérieure.
Le comportement des spiritueux s’inscrit dans un bilan mitigé pour l’ensemble de la taxe sur l’alcool. HMRC évalue à 2,936 milliards de livres la collecte totale entre avril et juin, 22 millions de plus qu’un an auparavant, soit une progression de 1 %. Au sein de ce total, les recettes issues du vin, d’autres produits fermentés et du cidre atteignaient 1,153 milliard, 32 millions de plus, soit une hausse de 3 %. La bière, en revanche, a apporté 876 millions, 45 millions de moins, soit une baisse de 5 %.
Sur l’accumulation d’avril à juillet, la collecte totale pour l’alcool s’est située à 3,889 milliards de livres, contre 3,886 milliards dans le même période de l’exercice précédent. Selon HMRC, 40 % de ce total provient du vin, d’autres produits fermentés et du cidre, tandis que les spiritueux et la bière apportent chacun 30 %.
La série est publiée dans le cadre du régime fiscal introduit le 1er août 2023, lorsque le Royaume-Uni a modifié la structure de la taxe sur l’alcool. Depuis lors, dans ces catégories, la taxation est calculée par litre d’alcool pur. HMRC avertit également que les comparaisons annuelles du bloc vin, d’autres produits fermentés et cidre restent sous revue supplémentaire, bien que cette prudence n’altère pas le chiffre total de l’impôt.
La prochaine mise à jour de ces statistiques est prévue pour le 27 novembre prochain.