Ce lundi 24 août, le vigneron Jean-Denis Bibian a assuré qu’un relais de soutien sur Internet lui avait redonné espoir après l’incendie de Saumos, dans la région de Bordeaux, qui a détruit sa maison familiale. Le producteur de Listrac-Médoc affirme que la réaction des acheteurs venus de différents points de France lui a donné les forces nécessaires pour rebâtir le logement.
Bibian mène son activité depuis le bâtiment historique du Château Listrac et gère le Château Sémeillan Mazeau, le Château Lagrave Cissan et le Château Jander, ce dernier à Moulis-en-Médoc. Le viticulteur a expliqué à la station FranceInfo que l’incendie est arrivé à un moment très difficile pour son activité, déjà affectée par la crise qui pèse sur de nombreux producteurs de vin de la région.
L’élan est né d’une vidéo publiée sur Facebook par son ami Pierre-Alexandre Jeandel, entrepreneur local spécialisé dans les produits de nettoyage pour bateaux. Dans cet enregistrement, Jeandel a appelé à soutenir plusieurs victimes de l’incendie et s’est particulièrement attaché à la situation de Bibian. « Jean-Denis est une personne merveilleuse, je l’aime beaucoup. Si nous pouvions lui venir en aide, apporter votre soutien, achetez son vin », a-t-il déclaré.
Jeandel a ajouté que cette aide ne sortirait pas isolément son ami de la situation dans laquelle il se trouvait, mais qu’elle pouvait toutefois lui offrir une porte de sortie. Il a également raconté que, lorsqu’il est passé chez lui et l’a appelé pour prendre de ses nouvelles, il l’a trouvé « dévasté ». L’entrepreneur a même affirmé avoir craint qu’il ne se suicide, une évaluation qu’il a rendue publique pour expliquer la gravité du moment.
La réaction à ce message a été rapide. Bibian a confié à FranceInfo que la vidéo a généré des milliers d’euros de commandes de vin. Il a ajouté que des centaines de personnes ont pris contact avec lui, avec des appels en provenance de Marseille et d’autres régions du pays. Une partie de ces clients, a-t-il expliqué, ont également recommandé ses vins à des proches et des amis, et certains lui ont confié leur intention de lui rendre visite pendant les vacances de l’année prochaine.
La portée de la vidéo a également été importante sur les réseaux sociaux. Selon Bibian et Jeandel, la publication a été vue par environ 250 000 personnes et a enregistré 500 commentaires. Pour le viticulteur, cette réaction a changé son état d’esprit après l’incendie et lui a redonné la volonté d’aller de l’avant.
« Cela me donnera le courage de continuer et de reconstruire la maison », a affirmé Bibian sur la radio publique. « Je suis né là-bas, ma mère est née là-bas, tous mes souvenirs d’enfance y sont aussi ». Avec ces mots, il a lié la perte du logement non seulement au dommage matériel, mais aussi à la disparition du lieu où il a passé son enfance et une grande partie de sa vie de famille.
Le producteur a également lié sa situation à la crise du vin à Bordeaux. Il a assuré qu’il ne peut plus se payer un salaire et a appelé à une répartition plus équitable des marges commerciales. À son avis, les principales chaînes de distribution devraient renoncer à une part plus importante de cette marge afin d’améliorer la situation économique des producteurs.
Le cas de Bibian reflète ainsi le double coup que, selon ce qu’il décrit, reçoit une partie du vignoble bordelais: d’un côté, l’impact direct d’un incendie qui a ravagé son habitation; de l’autre, un manque de rentabilité qui nuisait déjà à l’activité avant le feu. Dans son cas, l’aide venue via Internet s’est traduite par des ventes immédiates et par un soutien personnel que le vigneron considère comme déterminant pour commencer la reconstruction.