Le Mexique envisage une hausse de la taxe sur la bière pouvant atteindre un peso

11 septembre 2026

Le Mexique envisage une augmentation de l’impôt appliqué à la bière d’entre 0,60 et 1 peso mexicain par unité, une mesure qui, si elle venait à être adoptée, augmenterait d’environ 6 451 millions de pesos la collecte conjointe de l’impôt spécial sur la production et les services (IEPS) et de la TVA. Selon l’agence EFE, la proposition a été présentée ce mercredi 2 septembre dans le cadre des travaux de la Commission des Finances et du Crédit Public de la Chambre des Députés.

Cette démarche fait partie des conclusions du Groupe de travail sur le traitement fiscal de la production de distillats et d’autres boissons alcoolisées. La députée Vanessa López Carrillo, du Parti du Travail, a été chargée de présenter les données et l’ajustement suggéré. La mesure n’est ni approuvée ni entrée en vigueur. Son éventuelle incorporation sera discutée dans le paquet économique de 2027, dont les procédures débuteront à la Chambre des Députés le 8 septembre prochain.

La base de l’argumentation repose sur l’importance de la bière dans le marché des boissons alcoolisées du Mexique. López Carrillo a soutenu qu’il existe une asymétrie dans la charge fiscale du secteur. Selon les chiffres présentés, la bière représente 93,1% du volume commercialisé, mais contribue à 63,3% de la collecte de l’IEPS.

Face à cette proportion, les distillés concentrent 6,3% du volume et génèrent 33,3% de cette imposition. Le vin, de son côté, représente 0,6% du marché et apporte 3,5% de la collecte. Avec ces données, le groupe de travail propose que l’ajustement fiscal soit porté sur la catégorie ayant la plus grande présence dans les ventes.

López Carrillo a affirmé que, concrètement, la hausse équivaudrait à entre 60 centavos et 1 peso par bière, en fonction du prix et de l’emballage. Elle l’a également qualifiée d’un effort modéré compte tenu de la taille du marché de la bière. La référence utilisée est l’« unité » de bière, mais la taille de l’emballage concerné n’a pas été précisée, ce qui empêche de transposer ce chiffre à un calcul par litre.

Le système actuel de l’IEPS pour les boissons alcoolisées au Mexique est fixé par le degré d’alcool. Les boissons jusqu’à 14 degrés paient 26,5 % ; celles au-delà de 14 et jusqu’à 20 degrés, 30 % ; et celles dépassant 20 degrés, 53 %. La bière entre généralement dans la première tranche, bien que la proposition révélée ce mercredi 2 septembre introduise une référence additionnelle par unité.

Dans le scénario recommandé par le groupe de travail, la collecte conjointe IEPS et TVA passerait de 140 586 millions de pesos, équivalant à 8 269 millions de dollars, à 147 037 millions de pesos, soit environ 8 649 millions de dollars. La différence représente 6 451 millions de pesos, soit environ 382,4 millions de dollars, ce qui équivaut à une hausse de 4,6 %.

La députée a défendu que l’ajustement doit viser la bière car elle domine largement le marché et parce que, à son avis, elle bénéficie d’une échelle économique supérieure à celle d’autres segments. Dans cette même lignée, le groupe a soutenu que les deux principales brasseries opérant au Mexique appartiennent depuis plus d’une décennie à des corporations internationales, alors que les petits producteurs nationaux disposent d’une autre capacité financière.

Un changement fiscal de ce type a tendance à se transmettre au prix final au moins en partie, même si l’ampleur dépend de la politique commerciale de chaque entreprise, de la gamme du produit et du canal de vente. Il peut également affecter différemment chaque format. Pour les bières à bas prix, un surcoût d’un peso pèse davantage sur l’étiquette finale que sur des références plus coûteuses.

La discussion porte en outre sur une catégorie qui concentre plus de neuf des dix unités d’alcool vendues dans le pays. Par conséquent, toute modification de l’IEPS sur la bière a un impact large sur les fabricants, distributeurs, commerces et consommateurs. Pour l’heure, la mesure prise ce mercredi 2 septembre se limite à une proposition dans le cadre des travaux préalables au débat budgétaire de 2027.

Maëlys Perron

Maëlys Perron

Je suis Maëlys Perron, rédactrice passionnée par les vins engagés et les histoires qui se cachent derrière chaque bouteille. J’aime rencontrer les producteurs, explorer les terroirs et comprendre ce qui rend un vin vraiment vivant. À travers mes articles, je veux partager des découvertes sincères et donner envie de déguster autrement.