La France domine le marché du vin américain grâce à des prix plus élevés

6 septembre 2026

La France a été le principal fournisseur de vin pour les États-Unis en valeur au premier semestre 2026, tandis que l’Italie a pris la première place en volumes. Les achats américains de vin français se sont élevés à 955,8 millions d’euros entre janvier et juin, et ceux en provenance d’Italie ont atteint 790,9 millions. En litres, l’Italie a vendu 170,24 millions et la France 98,97 millions. Les données proviennent des douanes américaines, avec la source IHS, et ont été analysées par l’Organisation Interprofessionnelle du Vin d’Espagne, OIVE.

Le marché importateur américain a enregistré une baisse générale au cours des six premiers mois de l’année. La valeur totale des achats a chuté de 25,2 %, s’élevant à 2 425,6 millions d’euros. Le volume a diminué de 16,8 %, atteignant 536,8 millions de litres. Le prix moyen a également reculé, de 10,1 %, et s’établissait à 4,52 euros par litre.

La concentration par pays était très élevée. La France et l’Italie réunissaient à elles seules 72 % de la dépense totale consacrée au vin importé par les États-Unis pendant le semestre. Si l’on élargit au quatuor des premiers pays par valeur —France, Italie, Nouvelle-Zélande et Espagne—, la part atteint 86,1 %. Les dix premiers fournisseurs représentaient 97,1 % de la dépense. En volume, l’Italie, la France, le Canada et la Nouvelle-Zélande concentraient 72,3 % des achats, et les dix premiers atteignaient 97,6 %.

Tous les principaux pays inclus dans l’analyse ont réduit leurs ventes tant en euros qu’en litres par rapport au premier semestre 2025. La différence entre certains et d’autres réside dans l’intensité de l’ajustement et dans le prix moyen de chaque origine, un facteur qui explique pourquoi le classement change lorsqu’on passe des euros aux litres.

La France a conservé la première place par valeur avec une part de 39,4 %. Ses ventes ont chuté de 322,6 millions d’euros, soit 25,2 %, la plus forte perte absolue parmi tous les fournisseurs. En volume, elle a conservé la deuxième position, avec 98,97 millions de litres, en baisse de 5,3 %, soit 18,4 % du total importé par les États-Unis. L’écart entre la chute en euros et celle en litres s’explique par la baisse du prix moyen, passé de 12,23 à 9,66 euros par litre, soit une diminution de 21,1 %. Malgré cette correction, la France est restée l’une des origines avec des prix les plus élevés.

La base de l’offre française reposait sur le vin embouteillé et le mousseux. L’embouteillage a apporté 603,7 millions d’euros et 72,85 millions de litres. Le mousseux a ajouté 338,7 millions et 20,29 millions de litres. La France a occupé la première position par valeur dans les deux catégories et a également dominé le Bag-in-Box, avec 10,5 millions d’euros et 4,8 millions de litres. Dans les mousseux, son prix moyen, de 16,70 euros par litre, lui a permis de se positionner devant l’Italie en valeur, malgré un volume dans ce segment représentant près d’un tiers du volume italien.

L’Italie a concentré 32,6 % de la valeur et 31,7 % du volume de l’ensemble du vin importé par les États-Unis. Ses ventes ont totalisé 790,9 millions d’euros, 263,4 millions de moins qu’il y a un an, soit une chute de 25 %. En litres, le recul a été plus modéré : 18,45 millions de litres en moins, soit 170,24 millions, à -9,8 % par rapport au premier semestre 2025. Son prix moyen est passé de 5,59 à 4,65 euros par litre, avec une baisse de 16,9 %.

La comparaison entre la France et l’Italie trace deux profils distincts au sein du même marché. La France a facturé environ 165 millions d’euros de plus que l’Italie pour 71,3 millions de litres de moins. L’Italie a conservé son poids grâce au volume plus élevé, tandis que la France a continué de s’appuyer sur une structure de prix plus élevée, notamment dans les mousseux et les embouteillés.

L’Italie a été le premier fournisseur par volume de vin embouteillé et mousseux. Elle a vendu 103,64 millions de litres d’embouteillé pour 524,5 millions d’euros et 60,65 millions de litres de mousseux pour 255,4 millions. À ces chiffres s’ajoutent 4,67 millions de litres en vrac et 1,28 million de litres en Bag-in-Box. Entre la France et l’Italie, ils concentraient également 586,1 millions des 816,4 millions d’euros que l’ensemble des importations américaines a perdus au cours du semestre, soit 71,8 % de la perte totale en valeur.

Nouvelle-Zélande a conservé la troisième place par valeur, avec 208,1 millions d’euros et une part de 8,6 %. En volume, elle était quatrième, avec 55,12 millions de litres et un poids de 10,3 %. Son ajustement en euros a été moins fort que celui enregistré par la France, l’Italie et l’Espagne. En litres, elle a chuté moins que l’Italie et l’Espagne, bien que plus que la France. Le prix moyen est resté à 3,78 euros par litre, soit 7,2 % de moins que pour la même période de l’année précédente.

La présence de la Nouvelle-Zélande s’appuyait surtout sur le vin embouteillé, avec 174,1 millions d’euros et 37,09 millions de litres. Dans cette catégorie, elle a augmenté le volume de 12,9 %, bien que la valeur ait diminué de 6,9 % en raison de la baisse du prix moyen. Elle a également occupé la première position par valeur en vrac, avec 33,76 millions d’euros, bien que ses ventes de ce format aient chuté de 38,4 % en euros et de 32,3 % en litres.

L’Espagne est restée à la quatrième place par valeur, avec 133,7 millions d’euros, soit 5,5 % du total importé par les États-Unis. Le chiffre est en baisse de 20,9 % par rapport au premier semestre 2025 et représente une perte de 35,3 millions d’euros. Par volume, elle a occupé la septième place, avec 29,31 millions de litres, soit également 5,5 % du total, après une diminution de 15,7 %. Son prix moyen s’est établi à 4,56 euros par litre, soit une baisse de 6,1 %, très proche de l’italien et légèrement au-dessus de la moyenne générale.

Le vin embouteillé a soutenu la majeure partie des ventes espagnoles. Il a apporté 104,1 millions d’euros et 19,83 millions de litres, avec des baisses respectives de 16,1 % et 9,4 %. L’Espagne a été quatrième par valeur et cinquième par volume dans cette catégorie. Dans les mousseux, elle s’est située troisième dans les deux mesures, avec 27,1 millions d’euros et 7,59 millions de litres, bien que des baisses de 36,6 % en valeur et de 32,4 % en volume aient été enregistrées. Le Bag-in-Box espagnol a progressé de 24,6 % en euros et de 24,9 % en litres, jusqu’à 1,72 million d’euros et 1,11 million de litres. Le vrac a également amélioré, de 3 % en valeur et de 1,9 % en volume. Cette avancée n’a pas suffi à compenser la chute du embouteillé et du mousseux, qui représentent les formats les plus lourds dans la facture espagnole.

L’Argentine est passée à la cinquième place par valeur, devant l’Australie, bien que ses ventes aient diminué de 29,1 %, pour atteindre 67,2 millions d’euros. En volume, elle était huitième, avec 17,62 millions de litres et une chute de 21,2 %. Son prix moyen a diminué de 10 %, à 3,82 euros par litre. Près de 94 % de son chiffre d’affaires provenait du vin embouteillé, qui a chuté de 30,8 %, jusqu’à 62,9 millions. Les mousseux ont augmenté de 89,2 % en valeur, jusqu’à 2,62 millions, et le Bag-in-Box de 94,7 %, jusqu’à 218 202 euros, mais les deux segments avaient un poids faible dans le total.

L’Australie a reculé à la sixième place par valeur et à la cinquième par volume. Elle a vendu du vin pour 64,65 millions d’euros, soit une baisse de 41,6 %, et 41,48 millions de litres, soit une baisse de 38,5 %. C’était le pays ayant enregistré la plus forte perte absolue de volume, avec 25,93 millions de litres en moins. L’embouteillage a apporté 52,5 millions d’euros et le vrac 11,49 millions. Ce dernier a chuté de 53,5 % en valeur et de 50,4 % en litres. Le prix moyen australien s’est établi à 1,56 euro par litre, fortement influencé par le poids du vrac.

Le Chili a occupé la septième place par valeur, avec 48,63 millions d’euros, et la sixième par volume, avec 30,26 millions de litres. Ses ventes ont baissé de 38,2 % en euros et de 33,5 % en litres, avec une perte de 15,21 millions de litres. Le prix moyen était de 1,61 euro, en baisse de 7,1 %. Le vin embouteillé a totalisé 40,91 millions d’euros et le vrac 7,50 millions; les deux formats ont enregistré des reculs, plus marqués pour le deuxième.

Le Portugal a occupé la huitième place par valeur, avec 41,37 millions d’euros, et la neuvième par volume, avec 10,57 millions de litres. Ses baisses, de 13,5 % en euros et de 5,3 % en litres, figuraient parmi les plus modérées des dix premiers origines. Le prix moyen a chuté de 8,7 %, à 3,91 euros par litre. Quasì toute sa facturation provenait du vin embouteillé, avec 40,45 millions d’euros.

L’Allemagne a occupé la neuvième place par valeur et la dixième par volume, avec 25,37 millions d’euros et 6,19 millions de litres. Ses ventes ont diminué de 14,1 % en euros et de 10,9 % en litres, et son prix moyen est resté à 4,10 euros par litre.

Le Canada a montré le plus grand contraste entre valeur et volume. Il était dixième par valeur, avec 20,30 millions d’euros, mais troisième par volume, avec 63,92 millions de litres et une part de 11,9 %. Son prix moyen, de 0,32 euro par litre, était le plus bas parmi les pays analysés individuellement. L’explication réside dans le vrac : le Canada a vendu 63,77 millions de litres de ce format, presque tout son volume total, pour 18,93 millions d’euros. Bien qu’il ait conservé la troisième place en litres, ses ventes ont chuté de 29,3 % en valeur et de 21,5 % en volume.

L’Israël figurait à la onzième place par valeur, avec 17,19 millions d’euros, et à la treizième par volume, avec 1,64 million de litres. Son prix moyen de 10,51 euros par litre était le plus élevé parmi les pays inclus, dépassant même la France. L’Autriche occupait la douzième place par valeur, avec 9,67 millions d’euros, et enregistrait les baisses les plus modérées du tableau : -7 % en euros et -4,7 % en litres. L’Afrique du Sud clôturait le tableau des treize fournisseurs avec 8,92 millions d’euros et 2,62 millions de litres; sa chute de 42,8 % en valeur fut la plus marquée parmi les pays identifiés par nom.

La comparaison des prix aide à comprendre une grande partie de la répartition du marché. Après Israël et la France, se situait l’Autriche, à 5,45 euros par litre, suivie de l’Italie, à 4,65 ; l’Espagne, à 4,56 ; l’Allemagne, à 4,10 ; le Portugal, à 3,91 ; l’Argentine, à 3,82, et la Nouvelle-Zélande, à 3,78. En bas du classement figuraient le Chili, à 1,61 euro ; l’Australie, à 1,56, et le Canada, à 0,32. Tous les pays analysés individuellement ont vendu à un prix moyen inférieur à celui du premier semestre de 2025.

La répartition par formats a laissé émerger quatre leaders différents. La France a occupé la première place par valeur dans le vin embouteillé, le mousseux et le Bag-in-Box. La Nouvelle-Zélande a dirigé le vrac par valeur. En litres, l’Italie était première en embouteillé et mousseux, la France en Bag-in-Box et le Canada en vrac. Cette distribution explique aussi certains changements dans le classement général. La Nouvelle-Zélande a dépassé l’Australie en volume total en limitant sa chute à 7,3 %, contre 38,5 % pour l’Australie. L’Argentine est passée devant l’Australie par valeur car sa baisse était moins forte.

En juin, le même ordre a été maintenu en tête par valeur. La France a vendu aux États-Unis du vin pour 179,85 millions d’euros, en baisse de 6,2 % par rapport à juin 2025. L’Italie a ajouté 149,9 millions, avec une baisse de 11,6 %. Entre les deux pays, ils ont réuni 73,6 % des dépenses mensuelles. La Nouvelle-Zélande a été troisième, avec 30,2 millions d’euros et une hausse de 6,3 %, et l’Espagne quatrième, avec 25,3 millions et une baisse de 17,1 %.

En volume, l’Italie est restée en tête en juin avec 33,6 millions de litres, en hausse de 2,1 %, soit 36,6 % de l’ensemble des achats du mois. La France était deuxième avec 17,7 millions de litres, en baisse de 7 %. Le Canada occupait la troisième place avec 10,9 millions et une baisse de 24,6 %. La Nouvelle-Zélande était quatrième avec 6,5 millions et une progression de 4,6 %, et l’Espagne cinquième avec 5,5 millions de litres, en baisse de 20 %.

L’évolution mensuelle montre que les pertes de la France et de l’Italie se sont concentrées au début de l’année. Les ventes françaises en valeur ont chuté de 61,4 % en janvier et de 46,3 % en février, tandis que les italiens reculaient de 43,4 % durant ces deux mois. Les deux pays sont passés à des taux positifs en mai, mais ont de nouveau chuté en euros en juin. L’Italie, de son côté, a bien élevé le volume en mai, de 14,4 %, et aussi en juin, de 2,1 %.

La Nouvelle-Zélande a alterné des mois de hausse et de baisse au cours du semestre. Le Portugal a réussi des hausses simultanées de valeur et de volume en avril, mai et juin après les fortes baisses du premier trimestre. Le Canada, l’Australie et le Chili se sont maintenus en négatif durant les six mois, tant en euros qu’en litres. L’Espagne a enregistré en mai sa seule progression simultanée du semestre, avec une hausse de 22,8 % en valeur et de 15,8 % en volume, avant de redevenir négative en juin.

Maëlys Perron

Maëlys Perron

Je suis Maëlys Perron, rédactrice passionnée par les vins engagés et les histoires qui se cachent derrière chaque bouteille. J’aime rencontrer les producteurs, explorer les terroirs et comprendre ce qui rend un vin vraiment vivant. À travers mes articles, je veux partager des découvertes sincères et donner envie de déguster autrement.